Lettre aux politiciens conçernant Cuba (2007)

La lettre ci-dessous a été envoyé par l'a.s.b.l. Amis de Cuba aux politiciens des partis démocratiques, des présidents de parti et des candidats éligibles. Le nombre de réponses a été attristant faible, mais nous avons quelque chose de chacque parti.

Les réponses d’Ecolo, PS, PC, MR et CDH se trouvent en dessous (réponses des partis flammands se trouver sur la partie néérlandophone de notre site).

Mark Lamotte

président

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  Madame,  Monsieur,

Les enjeux des prochaines élections fédérales sont importants quant à l’avenir socio-économique de nos concitoyens, mais notre bien-être et notre sécurité ne peuvent se faire au détriment du reste du monde.

Actuellement plusieurs grands problèmes se posent à la « Communauté  Internationale », puissions-nous les affronter non comme juges et donneurs d’ordres et de leçons mais en réelle solidarité et complémentarité pour le plus grand bien de chacun.

Un pays nous tient particulièrement à cœur, c’est Cuba : pays mal connu, diabolisé, condamné sans se donner la peine de connaître la réalité, de donner la parole aux Cubains qui vivent cette réalité, certes imparfaite, et défendent leur projet à travers mille difficultés. Cuba, pays agressé depuis près de cinquante ans et amputé d’une partie de son territoire ( la Baie  de  Guantanamo), reste porteur d’espoir non seulement pour l’Amérique Latine mais également pour le reste du monde.

Aussi nous vous demandons quelle est votre position personnelle en tant que candidat(e)  aux  prochaines élections fédérales quant aux questions suivantes :

Que pensez-vous de la « position commune » face à Cuba adoptée par l’Union Européenne (dont la Belgique fait partie) qui conditionne toute relation commerciale entre l’E.U. et Cuba à des critères qui relèvent de la politique interne du gouvernement cubain ?

Sur quelles justifications avérées reposent, d’après vous, les sanctions émises par l’U.E. à l’encontre du peuple Cubain ?

- De quel droit l’U.E. prépare-t-elle un « plan de transition pour une Cuba démocratique » à l’instar du plan concocté par l’administration nord-américaine du président Bush ? Il s’agit bien d’une ingérence dans l’organisation intérieure d’un pays souverain.

 - Bien que la Belgique ait  déjà voté plusieurs années de suite à l’ONU pour la levée du blocus, celui-ci s’est encore durci.  Que fait votre parti concrètement pour que ce vote soit respecté ?

- Quelle est votre position et celle de votre parti face à l’incarcération de 5 prisonniers Cubains dans les geôles des Etats-Unis alors qu’il est reconnu par des instances internationales ( Commission des droits de l’homme de l’ONU, Amnesty…) que leur procès était truffé d’irrégularités et qu’il s’est déroulé dans une ville particulièrement hostile (Miami) ?

Nous vous remercions déjà de bien vouloir réfléchir à ces questions et nous y répondre avant le 25 mai 2007. Les résultats de l’enquête seront publié sur notre site web www.cubamigos.be le 1 juin.

 

                          UN  MONDE  MEILLEUR  EST  POSSIBLE !

 

                                                                  AGISSONS  POUR  LE  CONSTRUIRE ! ! !

Pour l’ asbl Les Amis  de  Cuba.

Mark Lamotte

Président National

L’asbl Amis de Cuba – vzw Vrienden van Cuba, fondée en 1969, a pour but d’œuvrer au rapprochement entre les peuples belge et cubain en vue d’une meilleure connaissance de la réalité cubaine. L’association n’a aucun lien avec quelconque parti politique. Nous avons environ 1000 membres.

 

Les réponses:

RÉPONSE DE Jean-Michel JAVAUX, Secrétaire fédéral d’Ecolo

Questionnaire des « Amis de Cuba » de Charleroi Réponses d’Ecolo 22 mai 2007

Que pensez-vous de la position commune face à Cuba adoptée par l’Union européenne (dont la Belgique fait partie) qui conditionne toute relation commerciale entre l’UE et Cuba à des critères qui relèvent de la politique interne du gouvernement cubain ?

De manière générale, Ecolo estime que l’application effective des Droits de l’Homme constitue un critère essentiel dans la manière dont la Belgique doit envisager ses relations avec les autres pays. Les intérêts économiques ne peuvent prendre le dessus sur la nécessité de défendre des positions fermes vis-à-vis des valeurs démocratiques. Par exemple, Ecolo estime que l’UE devrait être beaucoup plus exigeante lors de la conclusion de partenariats avec la Russie (énergie,…) au sujet de la liberté d’expression, de la presse,…qui sont régulièrement bafouées dans l’ex-république soviétique. En ce qui concerne Cuba, c’est le même genre de démarche qui doit prévaloir. C’est aussi une question de cohérence. Ce n’est pas pour autant qu’il ne faille pas dialoguer voire même, dans le cadre d’un dialogue critique et constructif,  conclure des accords d’association dans différents domaines. Ecolo n’est donc pas en accord avec la position actuelle de l’UE qui consiste à refuser des relations formelles avec Cuba.

Le respect des droits de l’homme ne concerne pas que la politique intérieure des Etats. Ecolo condamne ainsi les détentions arbitraires dans les prisons américaines de Guantanamo sur l’île de Cuba.

Sur quelles justifications avérées reposent, d’après-vous, les sanctions émises par l’UE à l’encontre du peuple cubain ?

Ecolo est opposé au blocus des EU qui frappe Cuba depuis plusieurs décennies et est pour la levée des sanctions, surtout si la population en est la première victime. A asphyxier la population, on empêche aussi l’émergence de mouvements susceptibles de transformer le système politique et économique vers un modèle qui concilie démocratie réelle et préservation des acquis sociaux dans le cadre d’une économie renouvelée.

Historiquement, les sanctions ne doivent sans doute pas être trouvées dans le non-respect de certains droits de l’homme. En effet, l’UE entretient des relations commerciales et politiques intenses avec d’autres pays qui parfois ne respectent pas du tout les droits de l’homme, premier reproche adressé par l’UE à Cuba. C’est sans doute dans le modèle économique développé par Cuba et les liens forts entre l’UE et les Etats-Unis qui peuvent expliquer ce positionnement. Les USA sont de farouches opposants au régime cubain, et donc par ricochet leur position détint sur celle de l’UE. Ecolo plaide pour la définition autonome, par l’UE, de sa politique internationale.

De quel droit l’UE prépare-t-elle un « plan de transition pour un Cuba démocratique » à l’instar du plan concocté par l’administration nord-américaine du président Bush ? Il s’agit bien d’une ingérence dans l’organisation intérieure d’un pays souverain.

L’ingérence dans l’organisation intérieure d’un pays est une question délicate. Par exemple, on pourrait très bien plaider pour une normalisation totale des relations de la Belgique avec la dictature birmane au nom du principe de la non-ingérence. Cette position n’est pas tenable et doit être lue en regard avec la réponse donnée à la première question (la situation à Cuba n’étant évidemment pas la même qu’en Birmanie).

Bien que la Belgique ait déjà voté plusieurs années de suite à l’ONU pour la levée du blocus, celui-ci s’est encore durci. Que fait votre parti concrètement pour que ce vote soit respecté.

La Belgique est jusqu’en 2008 membre non permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU. Si Ecolo participe au prochain gouvernement, il tentera de mettre à l’agenda la question de la levée du blocus.

Quelle est votre position et celle de votre parti face à l’incarcération de 5 prisonniers cubains dans les geôles des Etats-Unis alors qu’il est reconnu par des instances internationales (Commission des droits de l’homme de l’ONU, Amnesty,…) que leur procès était truffé d’irrégularités et qu’il s’est déroulé dans une ville particulièrement hostile ?

Ecolo s’en remet aux jugements émis par la commission des droits de l’Homme de l’ONU et par Amnesty et condamne la libération récente aux EU d’un opposant cubain soupçonné d’actes de terrorisme ayant entrainé la mort de dizaines de personne innocentes.

 

RÉPONSE DE JOËLLE MILQUET, présidente CDH

Monsieur Mark LAMOTTE

info@cubamigos.be

Nos Réf. : JM/LW/070523/18346-38886

(A rappeler dans toute correspondance, merci)

Cher Monsieur Lamotte,

J’ai bien reçu votre courrier électronique daté du 15 mai, et je vous en remercie. Les questions que vous soulevez, à savoir les relations de la « communauté internationale » avec Cuba, ont retenu toute mon attention et vous trouverez en annexe les réponses aux questions posées par Amigos de Cuba.

Bien que le cdH ne se soit exprimé sur la question spécifique de Cuba au cours de la législature qui s’achève, nos positions sont, de façon générale en matière de relations internationales, dictées par le souci du respect du droit international et des droits humains. Les éléments que vous apportez dans votre courrier électronique ne manqueront pas de susciter, j’en suis sûre, des questions parlementaires de la part des futurs sénateurs et députés cdH.

Restant à votre disposition, je vous prie, cher Monsieur Lamotte, d’agréer l’expression de ma meilleure considération.

Joëlle MILQUET

  

Amigos de Cuba – réponses du cdH

1. Que pensez-vous de la « position commune » face à Cuba adoptée par l’UE qui conditionne toute relation commerciale entre l’UE et Cuba à des critères qui relèvent de la politique interne du gouvernement cubain ?

De façon générale, nous notons que la position commune de l’Union européenne (1996) concernant ses relations avec Cuba vise à encourager un processus de transition vers le pluralisme démocratique et le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans cette position commune, l’UE conditionne l’approfondissement du dialogue et sa coopération avec Cuba (et non pas ses relations commerciales) au respect de ses engagements internationaux en matière de droits humains (en ce sens, il ne s’agit pas à strictement parler d’une intervention dans les affaires intérieures de l’Etat cubain). Pour le cdH, de telles mesures sont justifiées par le fait d’encourager le respect des droits humains (càd. les conventions internationales en la matière ratifiées par Cuba), et à condition qu’elles ne soient pas de nature « coercitives » (comme elle le précise, « l'Union européenne n'a pas pour politique de tenter de provoquer des changements par des mesures coercitives ayant pour effet d'aggraver la situation économique difficile que connaît le peuple cubain »).

2. Sur quelles justifications avérées reposent, d’après vous, les sanctions émises par l’UE à l’encontre du peuple cubain ?

Concernant les justifications des mesures adoptées par l’UE, elles portent sur le non respect par Cuba de ses obligations internationales en matière de droits humains. Pour le cdH, le non respect d’engagements internationaux peut justifier des relations restreintes avec Cuba (en s’assurant aussi que de telles mesures n’entraînent pas une détérioration des droits économiques et sociaux de la population). C’est sur ce plan que devraient être évaluées les mesures prises par l’UE lors du prochain examen.

3. De quel droit l’UE prépare-t-elle un « plan de transition pour une Cuba démocratique » à l’instar du plan concocté par l’administration du président Bush ?

De façon générale, l’attitude de l’UE à l’égard de Cuba se caractérise par la volonté de soumettre l’approfondissement du dialogue et de la coopération à des progrès concernant les droits de l’homme, tandis que l’administration du Président Bush privilégie une politique de durcissement de l’embargo visant clairement à favoriser la chute du régime. L’attitude de l’UE est dès lors sensiblement distincte de celle de l’administration américaine. Concernant le « plan de transition pour une Cuba démocratique », les ministres présents au Conseil de l’UE, dont le ministre belge des affaires étrangères, ont décidé de développer un dialogue plus intense et plus régulier avec l’opposition politique et des secteurs plus larges de la société civile. Politiquement, cette décision peut être discutée. Il est certain qu’elle suscite l’ire de Cuba, comme de tout gouvernement que les capitales étrangères négligeraient au profit de son opposition. Néanmoins, pour le cdH, les liens avec la société civile sont essentiels, et, sur ce plan, il nous est difficile de condamner les démarches visant à entretenir un dialogue avec les diverses associations, mouvements, etc. de Cuba.

4. Bien que la Belgique ait déjà voté plusieurs années de suite à l’ONU pour la levée du blocus, celui-ci s’est encore durci. Que fait votre parti concrètement pour que ce vote soit respecté ?

L'Assemblée générale des Nations Unies a, à quinze reprises depuis 1992, réclamé la levée par les États-Unis du blocus économique, commercial et financier qu’ils ont imposé à Cuba. Fin 2006, par une résolution intitulée « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique », et adoptée par 183 voix pour, 4 voix contre (États-Unis, Îles Marshall, Israël, Palaos) et une abstention (Micronésie), l’Assemblée générale a exhorté, à nouveau, tous les États à s’abstenir de promulguer ou d’appliquer des lois et mesures d’embargo, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies et du droit international, lesquels consacrent notamment la liberté du commerce et de la navigation. Le vote de cette résolution montre à quel point les Etats-Unis sont isolés sur ce dossier. La Belgique et les Etats membres de l’UE ont voté ces résolutions, ils s’y conforment (puisque l’UE n’applique pas de mesures d’embargo ni de blocus à l’égard de Cuba), et par le même biais ils condamnent les mesures excessives adoptées par les Etats-Unis en violation du droit international. Pour pouvoir se protéger des effets extraterritoriaux de la loi Helms-Burton (càd. de l’embargo imposé par les Etats-Unis), le Conseil de l’Union européenne a d’ailleurs adopté un règlement visant à protéger les personnes résidant sur le territoire de l’Union européenne, et leur permettant de poursuivre leurs activités commerciales avec Cuba.

5. Quelle est votre position et celle de votre parti face à l’incarcération de cinq prisonniers cubains dans les geôles des Etats-Unis alors qu’il est reconnu par des instances internationales que leur procès était truffé d’irrégularités et s’est déroulé dans une ville particulièrement hostiles ?

Pour les cinq cubains incarcérés aux Etats-Unis, le cdH demande que soient respectés les droits de la défense et, de façon générale, le droit à un procès équitable.

 

RÉPONSE de Philippe Mahoux, PS

Monsieur Lamotte,

Je vous adresse les remarques et réponses suivantes à vos questions.

Le Parti Socialiste a toujours condamné l’embargo américain sur Cuba. Celui-ci est illégal sur le plan du Droit international et contre productif car il touche en particulier les populations. Beaucoup d’entre vous ont eu l’occasion d’apprécier les côtés très positifs de l’organisation sociale à Cuba. En même temps, il est nécessaire que les cubains eux-mêmes déterminent leur avenir en attachant la plus grande importance à la démocratisation des institutions et à l’exercice des libertés dites « formelles ».

C’est dans une volonté de solidarité avec tous les démocrates que s’inscrit notre combat.

Philippe Mahoux

 

RÉPONSE de Karine lalieux, députée PS

Conclusion : la famille socialiste souhaite le maintien d'un dialogue constructif avec Cuba. La démocratisation des institutions nationales cubaines, tout come un plus grand respect des droits humains ( en ce compris les droits individuels ), ne constituent en aucune manière d'éventuelles entraves à la dynamique et aux bienfaits de la révolution cubaine. Un cuba(sic) évoluant en ce sens là continuerait vraissemblablement à jouer un rôle majeur en Amérique latine.

En espèrant avoir apporté quelques éclaircissements quant à aux diverses questions posées, je vous prie de croire, Monsieur Lamotte, en mes sentiments les meilleurs.

 

                                                                                       signature

 

                                                                                       Karine LALIEUX

 

                                                                                        Députée fédérale

RÉPONSE DE THIERRY GIET, député fédérale PS

Le PS a toujours condamné l'embargo américain sur Cuba. Celui-ci est tout d'abord illégal du point de vue du droit international, mais il est aussi, à mon avis, contre productif au plan politique puisqu'il renforce un sentiment identitaire et freine l'évolution du Régime vers une voie plus démocratique.

Nous souhaitons continuer à maintenir un dialogue constructif avec Cuba. Il est nécessaire que Cuba trouve sa propre voie, en passant par une démocratisation de ses institutions et un plus grand respect des droits humains, y compris les droits individuels, et ce sans pour autant perdre les bienfaits de la révolution (éducation, culture, santé etc...). Un Cuba qui évoluerait dans ce sens là, continuerait certainement à jouer un rôle majeur en Amérique latine. 

RÉPONSE DE Robert Tangre, 1er tête de liste à la sénat

Le point. Mal à l’aise, L’Union européenne balance entre une politique de sanctions et un « dialogue critique ». En tout cas depuis le 31 janvier 2005, quand l’Union a suspendu les sanctions diplomatiques à l’encontre de Cuba, instaurées en juin 2003. Il s’agissait de réagir à l’emprisonnement qui avait condamné 75 opposants au régime de Fidel Castro à la prison et à la condamnation à mort pour 3 d’entre eux. Il leur était reproché d’avoir tenté de détourner un ferry vers Miami.

L'Union avait décidé de limiter les visites gouvernementales de haut niveau, de réduire sa participation aux événements culturels et surtout d'inviter des dissidents aux cérémonies organisées pour les fêtes nationales. Après la libération de plusieurs dissidents, sous la pression du chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, et malgré l’opposition de plusieurs Etats de l’ancien bloc de l’Est, de la Suède et des Pays-Bas. les sanctions ont été suspendues en janvier 2005. En juin 2006, les ministres des affaires étrangères ont confirmé cette suspension et choisi de la proroger jusqu'à la prochaine évaluation de leur position commune, en juin 2007.

On peut aussi rappeler que, en novembre 2006, l’Assemblée Générale de l’ONU a une fois de plus condamné l’embargo commercial américain.

Si l’Europe est divisée, la situation n’est donc pas figée. Le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a été reçu à La Havane début avril, première visite effectuée par un chef de la diplomatie européen depuis la condamnation des 75 opposants cubains.  La dernière visite d'un ministre espagnol des affaires étrangères à Cuba remontait à 1998. A l'issue de l'entretien avec Raul Castro, M. Moratinos a dit «avoir trouvé un vice-président cordial, qui connaît bien la situation et sait ce qu'il veut ». Et il a signé avec son homologue cubain, Felipe Perez Roque, des accords qui prévoient le rétablissement de la coopération bilatérale et la création d'un « mécanisme de dialogue » sur les droits de l'homme.

Depuis l'hospitalisation de Fidel Castro, l'Union européenne est prudente. La position officielle des Européens à l'égard de Cuba avait été résumée voici un an : « engagement constructif » et « dialogue critique », « notamment » sur la question des droits de l'homme : le libre accès à l'information, la liberté d'expression, d'association et de réunion, la protection de la vie privée, la garantie de procès en bonne et due forme.

Règles de droit. « La meilleure manière de faire évoluer un régime politique est par la présence, le dialogue et la coopération », a souligné le président du Parlement européen, Josep Borrell.  Selon Oxfam-Solidarité, « La Belgique est le seul pays qui, depuis 10 ans, mène une politique cohérente et respectueuse vis-à-vis de La Havane. Notre pays doit donc user de sa position de trait d’union entre l’UE et Cuba et faire entendre son point de vue au niveau européen. Les circonstances actuelles lui offrent cette opportunité. » Fort justement, l’ONG estime que « nous devons agir au nom des règles de droit acceptées au niveau international - l’interdiction d’intervenir dans les affaires intérieures d’un autre pays et les résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies concernant Cuba - mais aussi au nom de l’avenir des relations internationales de l’UE. Depuis longtemps, les peuples et les mouvements sociaux latino américains n’arrivent plus à distinguer l’approche états-unienne de l’approche européenne. La dynamique de changement actuelle en Amérique latine offre une possibilité à l’Europe de se distinguer de Washington et de définir des approches plus positives. Qu’elle la saisisse. » Le PC partage cette analyse.

Les « cinq ». Le PC demande la libération des cinq citoyens cubains, Ramon Labanino, Fernando Gonzalez, René Gonzalez, Antonio Guerrero et Gerardo Hernandez, injustement emprisonnés et maintenus en incarcération depuis septembre 1998 par le gouvernement des Etats-Unis. Comme l’on relevé nombres d’associations, ils ont été condamnés pour avoir tenté d’arrêter des attaques terroristes. Ils étaient aux Etats-Unis, afin de contrôler et de stopper des complots terroristes contre Cuba organisés par des commandos mercenaires soutenus par la CIA entraînés pour mener des actions en dehors des Etats-Unis. Des juristes internationaux, y compris des tribunaux américains, ont réclamé leur mise en liberté. Le groupe de travail sur les détentions arbitraires de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU a jugé que leur détention viole la Convention internationale sur les Droits civils et politiques.

Le PC exige aussi le jugement et la condamnation des assassins Luis Posada Carriles et Orlando Bosch qui ont provoqué la mort de 73 citoyens cubains lors de l’explosion en vol d’un avion civil il y a 30 ans, et qui sont toujours en liberté. Or Luis Posada Carriles a été libéré le jeudi 19 avril le tribunal d'El Paso (Texas), où il doit être jugé le 11 mai, lui ayant  accordé sa libération sous caution

 

                                                                       Bruxelles, le 23 mai 2007

                                                                                  

Nos ref : DR/OH/CG/is 23.5.07

Monsieur le Président,

Cher Monsieur Lamotte,

Votre récent courrier relatif aux relations de l’Union européenne avec Cuba m’est bien parvenu et je vous en remercie. Il a retenu toute mon attention.

Je tiens tout d’abord à vous assurer de toute l’attention que je porte au respect de la « bonne gouvernance », de l’Etat de droit, des droits de l’Homme et des valeurs démocratiques, ainsi que de la souveraineté nationale.

Vous trouverez ci-dessous ma réponse aux questions plus spécifiques que vous formulez dans votre courrier.

- Que pensez-vous de la position commune face à Cuba adoptée par l’Union européenne qui conditionne toute relation commerciale entre l'U.E et Cuba à des critères qui relèvent de la politique interne du gouvernement cubain ?

La Belgique a toujours soutenu le projet d’une Europe politique qui, au-delà de la défense de ses intérêts économiques et commerciaux, promeut la stabilité politique et économique et œuvre en fonction des valeurs démocratiques qui sont les siennes.

Pour le Mouvement réformateur, la politique étrangère et de sécurité de l’Europe doit agir comme un multiplicateur d’influence externe et comme un facteur de cohésion interne, par des actions concrètes, non seulement dans les secteurs du développement économique, de l’aide humanitaire, de la coopération politique, de la coopération culturelle, des droits de l’Homme et de la démocratie, mais aussi dans les domaines de la prévention des conflits, de la gestion des crises, etc.

La position commune, qui définit la position de l’Union sur une question particulière ou de nature géographique ou thématique, est un instrument de la PESC (politique étrangère et de sécurité commune) qui sert à promouvoir les objectifs suivants : le développement et le renforcement de la démocratie et de l'État de droit, ainsi que le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la promotion de la coopération internationale le maintien de la paix et le renforcement de la sécurité internationale, conformément aux principes de la charte des Nations Unies.

Ceci s'applique à Cuba comme à tout autre pays tiers. Ainsi, dans ses relations avec Cuba, l'Union européenne cherche à encourager un processus de transition vers le pluralisme démocratique et le respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, ainsi qu'un relèvement et une amélioration durable du niveau de vie du peuple cubain. L'Union européenne n'a pas pour politique de tenter de provoquer des changements par des mesures coercitives ayant pour effet d'aggraver la situation économique difficile que connaît le peuple cubain.

- Sur quelles justifications avérées reposent, d'après vous, les sanctions émises par l'U.E à l'encontre du peuple cubain ?

L'Union européenne utilise des sanctions ou mesures restrictives pour réagir à des violations du droit international, des droits de l'Homme ou à des politiques non conformes à la légalité ou aux principes démocratiques. Elle applique ces sanctions au titre du traité de Maastricht ou des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les mesures restrictives peuvent viser des États tiers, des entités non étatiques et des ressortissants des pays tiers. Elles peuvent prendre la forme d’embargos sur les armes, de restrictions commerciales générales ou spécifiques, de restrictions à l'admission au territoire de l'Union européenne ou encore du gel des avoirs.

Les sanctions mises en place à l’encontre de Cuba en juin 2003, suite à des violations des droits de l’Homme, portaient sur une restriction des visites politiques de haut niveau et une diminution des relations culturelles. Ces mêmes sanctions ont été levées en janvier 2005 et sont toujours suspendues. Il n'y a pas d'autres sanctions européennes à l'égard de Cuba.

- De quel droit l'U.E. prépare-t-elle un plan de transition pour un Cuba démocratique à l'instar du plan concocté par l'administration nord-américaine du président Bush ? Il s'agit bien d'une ingérence dans l'organisation intérieure d'un pays souverain ?

L’Union européenne ne prépare pas un plan de transition pour Cuba. Comme cela a été souligné dans les conclusions du Conseil européen de juin 2006, l’Union se dit prête à mettre en œuvre un dialogue politique avec les autorités de Cuba.

Par ailleurs l'Union européenne a offert à Cuba d’adhérer aux accords de Cotonou, accords de partenariat économique conclu entre l’Union européenne et des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Ceux-ci prévoient explicitement que les signataires doivent pleinement respecter les droit de l’Homme et les libertés fondamentales énoncées dans les conventions internationales.

Cuba est le seul membre du groupe ACP qui n’a pas signé d’accords d’aide ou de partenariat économique avec l’Union européenne.

L’aide que l’Union européenne accorde à Cuba pourrait être triplée si ce pays devenait partie prenante à ces accords.

- Bien que la Belgique ait déjà voté plusieurs années de suite pour la levée du blocus, celui-ci s'est encore durci. Que fait votre parti concrètement pour que ce vote soit respecté ?

Le MR plaide pour que la Belgique, en tant que membre du Conseil de sécurité, veille à ce que les comités de sanctions des Nations Unies s’entourent d’un maximum de garanties qui permettent l’application des principes de l’Etat de droit et le respect des droits de l’Homme. Le MR soutient, entre autres, les résolutions adoptées par l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le respect des droits de l’Homme.

- Quelle est votre position et celle de votre parti face à l'incarcération de 5 prisonniers cubains dans les geôles des Etats-Unis alors qu'il est reconnu par des instances internationales ( Commission des droits de l'Homme de l'ONU, Amnesty...) que leur procès était truffé d'irrégularités et qu'il s'est déroulé dans une ville particulièrement hostile (Miami) ?

Nous sommes préoccupés par le traitement infligé à ces hommes et les difficultés rencontrées par leur famille pour entrer en relation avec eux.

Espérant avoir ainsi pu répondre à vos questions, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, Cher Monsieur Lamotte, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Didier REYNDERS