Cuba, l’Amérique latine et les Caraïbes : une plus grande unité

par : Marcos Alfonso

Plus d’une agence internationale de presse a affirmé que les visites successives de six présidents de pays latino-américains à Cuba, réalisées durant les quarante cinq derniers jours, constituent un bon « coup d’épaule » pour ce pays. La plus récente, pour une réunion de travail, a été celle du président Hugo Chavez.

Il semble cependant que ces événements récents sont la marque d’une réalité encore plus profonde. D’une part, les cinquante ans de la révolution cubaine au pouvoir constituent une démonstration de résistance aux politiques de blocus et d’agressions dictées par la plus grande puissance hégémonique globale depuis le premier janvier 1959. D’autre part, ils prouvent aussi que, malgré les difficultés générées pendant un demi siècle par les mesures prises contre l’île par les administrations nord-américaines successives, Cuba n’a jamais hésité à tendre une main solidaire à toutes les nations du continent – et même du monde - qui en ont eu besoin.
Lors de sa récente visite, le président guatémaltèque, Alvaro Colom, l’a exprimé ainsi : « Avec Cuba, ce n’est pas traditionnel de signer des accords. Tout simplement, les choses sont décidées et elles se font ». Cela ne pouvait pas être mieux dit.

La présidente d’Argentine, Cristina Fernandez, l’avait également souligné dix jours plus tôt : « Si au milieu de tant de difficultés, si avec un blocus commercial jamais vu auparavant, les cubains ont pu parvenir à ce degré de développement technique et de santé publique, que ne pourront-ils pas faire lorsque quelques barrières s’effondreront ? ».

Au cours des entretiens soutenus à Cuba, les présidents de Panama, de l’Équateur, de l’Argentine, du Chili et du Guatemala ont tous déclaré qu’ils se sentaient très satisfaits. Pour s’en convaincre, il suffit de voir le nombre d’accords bilatéraux signés dans des secteurs aussi variés que l’économie, la santé publique, l’éducation, la science et la technologie et d’autres encore.

On doit aussi prendre en compte les vents de changement qui balayent l’Amérique latine et les Caraïbes, très éloignés de l’époque des hégémonies et des dictatures militaires qui répondaient au doigt et à l’œil aux ordres de la Maison Blanche.

C’est une nouvelle ère qui commence dans cette partie du monde : avec des gouvernements élus démocratiquement qui représentent les grandes majorités antérieurement dépossédées tout au long de l’histoire, et avec des changements structurels constitutionnels, politiques et économiques qui bénéficient ces larges couches de la population.

Cuba a apporté sa contribution à tous ces processus qui se déroulent en Amérique latine en collaborant dans les secteurs de la santé et de l’éducation et en participant, entre autres, aux campagnes d’alphabétisation ou à des programmes culturels et sportifs.

C’est pour ces raisons que Cuba a reçu un bon « coup d’épaule ». Mais 2009 ne fait que commencer. D’autres visites de présidents sont attendues. En ce moment, la presse a fait allusion aux prochaines visites du président du Honduras, Mauel Zelaya, et de celle du mexicain Felipe Calderon.

Que ressort-il de toutes ces rencontres ? Simplement une plus grande solidarité, une meilleure connaissance mutuelle. Tout cela redonne vie au rêve de Bolivar et de Marti, le rêve de voir un jour notre Amérique unie.